« C’est  étrange comme on a peur de quelque chose parce qu’on nous a préparés à avoir peur. » (Ngugi)

 

Nous le constatons tous : aujourd’hui, et il semblerait, depuis des millénaires, la tendance mercatique est partout. Dans les médias, à toutes les heures, dans tous les milieux, chez nous, dans la voiture, au bureau, chez la boulangère… 

Tous, annonceurs, médias et politiciens usent et abusent de cette recette somme toute si efficace : le conditionnement. Nous le savons, l’acceptons ou le déplorons. 

Le fear marketing (ou marketing de la peur) est une tendance qui se dégage nettement depuis quelques années. Vous aurez sûrement remarqué comment, en période d’élection présidentielle, les candidats misent toujours sur ces mêmes sujets redondants : insécurité, crise économique, pauvreté… Comme si d’un coup, la France était devenue l’un des pires pays au monde. Et les médias d’être leurs complices ! Face à cette manigance, le français moyen, moi, vous, ne peut rien.

La peur, pour quoi faire ?

Les exemples en la matière ne manquent pas : grippe aviaire, vache folle, 11 septembre, canicule, violence dans les cités, Katrina, réchauffement climatique, OGM, crack boursier…

  • Nous manipuler.

Le choc généré par la peur anesthésie l’esprit critique d’une société. L’état d’urgence suggéré incite à trouver rapidement une solution, n’importe laquelle pourvu qu’elle nous sorte de « la crise ».

Si on a peur, on est fragile. Si on est fragile, on veut se protéger. Pour se protéger, il faut des protecteurs. Et qui joue le rôle de protecteur ? Les mêmes qui créent ces climats de panique.
Chacun y trouve son compte : le candidat à la Présidence est élu car il a promis de nous protéger. Les médias propagent leur information car nous voulons être avertis du danger imminent. Et l’annonceur vend son produit car nous achetons du réconfort et la promesse d’un jour meilleur. 

  • Nous piéger

Générer de la peur c’est aussi concentrer l’attention sur un événement afin d’avoir les mains libres pour faire autre chose. C’est aussi gagner en légitimité dans une action. Prenez par exemple Georges W. Bush : quand il déclara la guerre à l’Afghanistan, la majorité des américains étaient d’accord. Le choc lié à l’attentat leur avait posé des œillères. 

  • Nous faire changer

Si négatifs soient ces exemples, il en existe aussi dits « pour notre bien ». Si l’on prend quelques campagnes de prévention, on s’aperçoit à l’évidence que la peur est encore au premier plan. Le but est ici de générer une culpabilité pour contraindre au changement de comportement. Notre entière responsabilité des maux de ce monde est mise en exergue selon un seul procédé : choquer pour mieux changer.

Est-ce vraiment efficace ?

Si on s’en rappelle, les premières campagnes utilisant la peur comme stratégie de communication étaient de vraies réussites. Osées et décalées, elle s’imprégnaient dans nos esprits. On en parlait autour de nous. 

  • Effet isolé oui, effet de masse non !

Isolée du reste de la masse, une campagne peut s’avérer efficace. Le problème subsiste dans l’effet de trop plein. Aujourd’hui, on le ressent, la peur est partout. 

N’est-ce pas paradoxal d’espérer un changement de comportement quand on nous force à nous replier sur nous-mêmes ? N’est-ce pas risqué d’espérer ledit changement quand un millier de messages nous affublent sans cesse du même vecteur d’angoisse ? La peur à outrance ne conduit-elle pas à la haine et à la violence ?

  • Pour le zen marketing

L’abus de fear marketing à long terme, pourrait produire l’effet inverse de celui escompté. Car il apparaît évident qu’une société forte de confiance et d’espérance soit plus prometteuse et en meilleure santé qu’une autre qui serait abattue, désorientée et, si on n’y prend pas garde, complètement insensible…

Dorothée et Claire

REAGISSEZ !

 

On n’est pas les seules à en parler :

Le fear marketing. Par Hkak

Inoculer la peur du malheur au cœur du bonheur. Par Paul Villach

stratégie du choc

Période de crise : évitons le seul marketing de la peur. Par Thierry Maillet

 Nécronomie

 Peur et prévention

 La peur est mauvaise conseillère

 Le comportement inattendu des électeurs face aux messages alarmistes

Bowling for columbine. Documentaire de Michaël Moore

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